Du bon côté des réseaux sociaux

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Je n’aurais pas pu continuer plus loin dans ce blog, sans évoquer l’importance de la websphère pour moi. Et à quel point, mon passage parmi les réseaux sociaux m’a marqué.


Un triste événement m’a conduite sur un forum de parents, mamans et futures mamans. C’est en proie à beaucoup de questionnements, de doutes et animée d’un fort désir d’échanger, d’être comprise et de communiquer mon empathie pour les personnes ayant traversé la même épreuve, que j’ai ouvert un compte sur ce site. A ce moment-là, j’allais à l’encontre de bien de mes principes (le premier étant de ne jamais aller flâner sur les forums du net, et encore moins d’y participer).

Vous verrez plus tard que plus ma fille grandit, plus cette histoire de principes déserte mon esprit.

Les échanges que j’y ai eus m’ont fait un bien fou. Ce lieu virtuel est devenu mon refuge, pour de vrai. Je ne faisais plus qu’y flâner. J’y allais dès que j’avais un petit moment. J’y passais mes pauses déjeuner. Pour prendre des nouvelles, répondre aux questions, et aussi, ça fait partie du jeu, parler de moi. De fil en aiguille, j’y ai fait de belles rencontres. Et ces filles ont su que j’étais enceinte avant bien des personnes de mon monde réel.

Lorsque j’ai commencé à prendre confiance en ma grossesse, et que mon ventre a pris ses aises, j’ai dégainé mon smartphone et pris de nombreuses photo, pour ne rien oublier. C’est à ce moment que j’ai créé mon compte Instagram de « maman ». Ce monde d’instants capturés me plaisait déjà. C’est tout naturellement que je m’y suis sentie à l’aise durant ma grossesse. Découvrant avec plaisir les bidous de mes nouvelles webcopines s’arrondir avec le mien, accueillant avec une joie immense les accouchements de celles dont je partageais désormais le quotidien et m’extasiant devant les petits pieds fraîchement débarqués.

Alors, lorsque certaines copines du forum ont décidé d’élargir les possibilités d’échange et de passer sur Facebook, je n’ai pas hésité. Echanges de photos, de vidéos, messages banals du quotidien, petits bobos et grands bonheurs. J’aime voir ces bébés grandir, nous voir devenir maman à notre façon, chacune bien différente, mais toujours dans le respect.

De ces échanges, du forum, d’Instagram, de Facebook, j’ai rencontré ces personnes merveilleuses sans le filtre d’un écran. J’échange encore quotidiennement avec elles. Mon téléphone sonne plusieurs fois par jour. Je suis toujours émue de recevoir par SMS des photos de bouille souriante, une notification de publication, un message.

Avant, lorsque tout a commencé, aucun de mes amis n’était encore parent. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. A toutes, qui m’avez marquée, qui tenez aujourd’hui une place si importante dans ma vie et avec qui je souhaite encore mille échanges et rencontres, MERCI.

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Ceux qui savent (mieux que vous)

Lorsque votre ventre commence à s’arrondir, vous réalisez vite que le plus difficile à gérer dans le fait de devenir parent, ça ne sera pas votre bébé, mais bien les autres (entendez : ce qui ne vivent pas avec vous).

Notez bien que si vous cumulez plusieurs tares telles que jeunesse, primiparité, approches naturelles, ou encore choix d’une éducation proximale et bienveillante, votre calvaire ne fait que commencer.

Durant ma grossesse, et ne sachant pas ce qui m’attendait vraiment, je prenais le parti d’expliquer scrupuleusement mes/nos choix, en précisant toujours que « de toute façon, on verra quand bébé sera là ». Finalement, on avait droit à quelques questions légèrement inquisitrices sur l’utilité de tel « cocoonababy » ou autre « écharpe de portage », mais ce n’était rien… Vraiment rien en comparaison de ce qui nous attendait.

Un jour, bébé est arrivée. Et tout ce que nous avions prévu pour elle nous a servi bien plus que ce que nous l’aurions imaginé. Nous avons donc pu faire taire quelques voix. Mais c’était sans compter sur les autres. Qui se cachaient là, tapis dans l’ombre, et qui n’avaient pas dit leur « premier » mot.


D’abord, sachez que quoi que vous fassiez, vous serez toujours un mauvais parent. Vous avez forcément raté quelque chose. Et en plus vous êtes jeunes, vous ne pouvez pas savoir. Surtout si c’est votre premier enfant.

Sachez aussi que tout le monde aura son mot à dire. Et le plus agaçant, c’est peut-être lorsque les remarques viennent de personnes qui n’ont pas d’enfants.

On commence par la sage-femme de la maternité (qui dit exactement le contraire du pédiatre qui ne disait déjà pas la même chose que la puéricultrice de la salle d’accouchement). Puis vient le tour de la caissière à la parapharmacie, qui devant son chauffage, vous accable d’avoir trop couvert votre si petit bébé (de 2 semaines) dans l’écharpe (fin du mois de février…). Et que vraiment, ces écharpes, ça tient trop chaud ! Votre grand-mère s’y met parce que vous la gâtez trop cette petite, vous la prenez trop souvent dans les bras. Et vous la bercez de surcroît ! Et la sage-femme, qui se préoccupe décidément davantage de « l’éducation » que vous donnez à votre bébé qu’à votre périnée, vous met en garde 6 fois par séance : « Elle a 7 semaines mais vous voyez, elle sait déjà vous mener par le bout du nez, qu’elle est maligne et éveillée cette petite !« . La vieille dame au supermarché rajoute sa patte au tableau en poussant un « pauvre bébé » dans votre dos. Oh oui… Mon pauvre bébé qui dort si paisiblement contre mon coeur alors qu’en-dehors de son cocon, le monde ne tourne plus rond ! Et lorsqu’ayant pris bien soin de prendre la poussette pour aller faire quelques achats à la parapharmacie, votre bébé de 2 mois bave partout sur son col, la caissière ne manquera pas de vous assommer à coups de culpabilisation : « Mais enfin, il faut lui donner du Dolipra*e, elle fait ses dents, ne la laissez pas souffrir comme ça, si ça existe c’est pour une raison !« . L’ostéopathe n’aura pas oublié d’y mettre du sien, à deux reprises, vous reprochant de trop porter, d’allaiter encore (à 3 mois ça commence à faire quand même…), de cododoter et surtout, surtout, surtout de ne jamais laisser pleurer votre bébé qui fait des caprices. Elle n’oubliera pas de vous donner tous les conseils les plus idiots de la Terre, parce qu’elle les a appliqués avec ses fils et que ça a marché. Et un jour, alors que vous pensiez avoir dépassé tout ça depuis le triste épisode précédent (qui a définitivement changé quelque chose en vous), la vendeuse de l’épicerie bio où vous venez acheter un gel dentaire pour votre bébé baveur, se scandalisera presque que vous allaitiez toujours votre bébé à la demande à 5 mois (« Mais non ! Ca c’est seulement au début ! » + tête d’effroi).

Autant vous épargner toutes les considération sur notre énorme laxisme. Mais alors que je ne sortais déjà pas beaucoup, avec un bébé très demandeur, peu dormeur, collé à son garde-manger (cqfd : moi), subir les remarques assassines, moralisatrices, idiotes, fatigantes, drôles d’absurdité etc, donnait franchement envie de rester à la maison pour allaiter, cododoter, porter, cajoler dès les premiers pleurs, chanter à tue-tête (bonus).


Je vous offre en conclusion le plus merveilleux conseil qu’il m’ait été donné de recevoir : « Mettez des boules quies et ne vous levez pas. La 1ère nuit, bébé va beaucoup pleurer. La 2ème nuit il pleurera moins. La 3ème nuit il ne pleurera plus, il aura compris. » Ma sage-femme, qui a partagé cette merveilleuse astuce avec moi, ne me reverra plus (précision utile ?). En revanche, je me suis procuré des boules quies. Et je les ai toujours sur moi. Je ne manque jamais de les mettre lorsqu’un conseil non désiré se profile.

De l’importance du livre

Les souvenirs prégnants de mon enfance comptent un grand nombre d’images, de phrases, d’histoires issues de livres. Aujourd’hui encore, lorsqu’en parcourant les rayons jeunesse des librairies à la recherche de jolis moments à partager avec ma fille ou mes patients, je tombe sur un livre qui a marqué mon enfance (et dont parfois même, j’avais oublié l’existence), j’en ressens une profonde émotion, mélange de joie et de nostalgie.

J’aime les livres pour tout ce qu’ils représentent, et avant tout pour leur invitation au partage. J’ai toujours partagé mon amour des livres, mes lectures : avec les copains d’école, les collègues, mes patients, mon chéri et aujourd’hui ma fille.

Ils ont tous des charmes différents, des objectifs bien définis.

Il y a le livre d’enfance, celui que l’on aime s’entendre lire, dont on aime tourner les pages, dont les images ont marqué notre mémoire, dont on connaît l’histoire sur le bout des doigts et qu’on pourrait raconter sans même savoir lire. Aujourd’hui encore, je suis persuadée qu’un livre vous revient en mémoire. Je partagerai le mien avec vous dans un autre billet.

Il y a le « pavé », celui que vous avez commencé avec l’immense ambition de le lire d’un trait et dans lequel vous avez laissé votre marque-page page 35. Celui-là, vous ne savez probablement même pas où vous l’avez rangé (ou si vous l’avez toujours). Et lorsque l’on vous demande si vous l’avez lu, vous répondez honteusement que, oui un peu mais que vous n’avez pas eu le temps de le finir, puis que vous avez oublié. Pour moi, ce livre, c’est « Du côté de chez Swann ». Désolé Marcel mais alors là, vraiment, tu m’as vite perdue en route…

Il y a l’inoubliable. Celui qui nous laisse un grand vide lorsqu’on l’a terminé. Partagé entre la déception de l’avoir terminé et l’excitation de le relire. De ceux-là, j’en ai connu plusieurs.

Puis il y a les autres, les livres d’écoles qu’on n’a jamais oubliés, les livres pratiques qui nous initient à de nouveaux loisirs, nous guident dans nos voyages, nous aident à approfondir nos passions.

Je ne compte même pas le nombre de livres qu’il y a autour de moi, sur tellement de sujets (il faut vraiment que l’on pense à investir dans une belle bibliothèque pour le salon). Et c’est ici que j’ai envie de partager mes coups de coeurs avec vous.

Un livre, c’est un monde ; Avec son histoire, ses odeurs, le toucher qu’il procure et l’empreinte qu’il laisse en nous à jamais (même si, parfois, on ne s’en rappelle que quelques années plus tard).

Késako ?

Mais si ! Les fameuses perles. Vous connaissez. Ces boulettes qu’on trouve hilarantes quand elles viennent de pauvres lycéens en proie au stress lors du baccalauréat, mais qui sont teeeeellement attendrissantes quand elles viennent des enfants !

Parfois, je retiens un fou-rire devant mes petits patients aux paroles si innocentes. Et quand je les raconte, je m’autorise à rire deux fois plus fort que si j’en avais ri sur le moment.

C’est dans cette rubrique que je partagerai tous ces tendres petits moments avec vous ! Et n’hésitez pas à partager les vôtres en commentaires.

Naître parent

Difficile de poser une véritable date, une heure, un instant précis sur ce qui nous a transformés en « parents ». Les choses ne sont jamais carrées, encore moins figées. D’autant que père ou mère, on devient rarement parent au même moment.

J’ai parfois cru m’être sentie mère les quelques semaines qui ont précédé ma fausse-couche. Lorsque je me savais enceinte. Puis dépossédée de mon étiquette les quelques mois durant lesquels mon ventre a été inhabité. Un jour, le 5 janvier, 1 mois et demi avant la naissance de notre fille, je me suis sentie « maman ». Et ce sentiment, rien n’aurait pu me l’enlever.

J’ai beaucoup parlé à Agathe lorsqu’elle baignait dans son jacuzzi. Chanté, dansé, joué du piano. Mais ce lundi-là fut le plus long de ma vie. Je n’ai jamais autant parlé à ma fille durant ma grossesse que ce jour-là, lui expliquant pourquoi j’étais si inquiète, que ce n’était pas sa faute, que je l’aimais tellement fort et que j’avais peur pour elle. J’ai senti pour la première fois que j’étais maman, que je ferai TOUT pour ce petit être qui vivait en moi, que je remuerai ciel et terre pour son Bonheur (oui, celui avec un grand B). Lorsque le médecin a écarté le diagnostic de malformation cardiaque, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps.

Etre parent est une chose, être maman ou papa en est une autre toute différente à mon sens. Notre naissance finalement, à nous, c’était quand ? Tout se fait si progressivement, nous nous sommes sentis 3 rapidement : haptonomie, douces paroles, peau à peau, allaitement, portage, lectures, musique et chants, jeux… Toutes ces activités que nous faisons à 3 depuis le début, et qui nous tiennent tant à coeur. Et la bienveillance que nous souhaitons plus que tout apporter à notre fille nous rend chaque jour davantage Papa et Maman.

Voilà, c’est ça, naître parent.