Noël : avec Santa ou sans ?

(Cet article traîne depuis pas mal de temps dans mes brouillons. 
Il a décidé de faire aujourd'hui son coming out, 
après quelques modifications).

 

Le sapin trône au milieu du salon, les comptines de Noël ont envahi la maison, le piano joue de vieux morceaux d’hiver, et le four déverse ses odeurs de cannelle, vanille, amande…

Bref, vous l’aurez compris si vous vivez sur la même planète que nous : Noël arrive ! Qu’on se le dise, j’adore Noël. Lorsque décembre approche, j’ai à nouveau 6 ans, mon coeur s’emballe, je suis excitée comme une puce au salon de la moquette.

Alors forcément, j’ai envie que ma fille partage ce même enthousiasme pour ce qu’on appelle communément « la magie de Noël ». Qui n’a rien de magique en fait. Mais qui nous offre une parenthèse dans le morne hiver pour oublier nos petits soucis, nos moments difficiles et tous nos questionnements existentiels.

Ou presque tous… Parce que tandis que les baffles hurlent à côté de moi « Petit Papa Noël, quand tu descendras du cieeeel », il est temps pour moi de partager avec vous notre dernier questionnement existentiel de parents. Vous l’aurez deviné.

Allons-nous faire croire au Père Noël à notre fille ?

Je pense que beaucoup de parents ne se sont pas posé cette question. Et quels chanceux de n’avoir pas été confrontés à ce choix cornélien. Mais si vous vous l’êtes posée, c’est que pour vous, dans tout cela, quelque chose cloche(tte). Et notre raisonnement (que je vais évidemment partager ici) nous a conduit à laisser le vieux et gentil barbu se reposer tranquillement dans sa froide Laponie la nuit du 24 au 25 décembre (et ses lutins tous les autres jours de l’année).

« Mais que ces parents sont égoïstes et cruels avec leur pauvre enfant !« 

Pas de jugement face à cette réaction. C’est ce que je me suis moi-même dit le jour où, la maman d’une adorable patiente (4 ans) m’a dit dans la salle d’attente : « Oh mais ne jouez pas la comédie avec elle, elle ne croit pas au Père Noël, mon mari et moi n’y tenions pas« . Aujourd’hui, les paroles de cette bienveillante et maternante maman me reviennent en tête. Son adorable tête blonde ne croyait pas à l’existence du Père Noël et elle ne s’en portait pas plus mal… Et pourtant, j’ai eu tellement de compassion et de pitié pour elle. Pourquoi ?

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Je sens que les réactions de notre famille et de notre entourage ne vont pas être très différentes de celle que j’ai eue ce jour-là : « Mais c’est injuste ! Elle n’a rien demandé ! Vous lui imposez vos choix d’adultes ! Vous lui volez la magie de Noël ! Vous lui volez son innocence ! » (ouais comme ça, avec tout plein de points d’exclamation, et aussi des moues réprobatrices, et un gros lot de culpabilisation parentale).

Oui, nous sommes d’horribles parents… Parce que :

  • Nous ne voulons pas mentir à notre enfant, et risquer d’abimer la confiance parents/enfant dont chaque enfant a grand besoin pour se construire, en montrant l’exemple d’une infinité de mensonges (et il n’y a pas de petit mensonge) destinés à maintenir intacte la croyance le plus longtemps possible (mais pas trop quand même… l’adulte incohérent) ;
  • Lorsque j’étais enfant, je n’ai jamais cru au Père-Noël et je m’efforçais de montrer à mes parents que j’y croyais parce que je pensais leur faire plaisir – Je me sentais blessée également que l’on puisse m’imaginer assez bête pour croire à l’histoire de ce vieux croûton obèse (qui fait pleurer les enfants dans les centres commerciaux) et je me disais toujours « Lorsque j’aurai des enfants, jamais je ne les considèrerai comme trop crédules et innocents pour comprendre » ;
  • Nous préférons épargner à notre fille des questionnements angoissants : « Mais il risque de tomber du toit, de se faire mal en tombant dans la cheminée » ou pire « Et s’il m’oublie ?« . Et oui, parce que le Père-Noël est issu de l’imaginaire de l’adulte, et non de l’enfant, que ce qui semble mignon est anodin à un adulte peut être une source d’inquiétude importante pour l’enfant ;
  • Nous refusons tout chantage, et encore plus le chantage au Père-Noël : « Attention, si tu n’es pas sage… patata » (on connaît tous la chanson) ;
  • La vie est déjà suffisamment compliquée, sans avoir besoin de trouver mille stratagèmes et ruses pour justifier : nos absences pour acheter les cadeaux, la nécessité de remercier tatie Françoise pour la boîte de Playmobil chevaliers ; les dizaines de Pères-Noël différents croisés sur le marché de Noël… ;
  • La magie de Noël, selon nous et lorsque nous étions enfants également, ce n’est pas ça. Cela dépend des familles. Mais pour nous, Noël, c’est étancher la soif de magie de notre enfant par le biais de traditions, religieuses et païennes, dont le Père Noël ne fait partie qu’en légende.

« Et la lettre au Père-Noël ? Les biscuits et le verre de lait le soir du 24 avant d’aller dormir ? Les copains à l’école qui ne parlent que de lui ?« 

Nous souhaitons plus que tout apprendre à notre fille à vivre dans le respect de l’autre et des choix de chacun. Nous ne lui cacherons pas que dans certaines familles, les parents décident de présenter à leurs enfants l’histoire du Père-Noël comme une histoire vraie, parce que ça leur fait du bien d’y croire, comme certaines personnes croient en un dieu et d’autres pas (loin de moi l’idée de comparer le Père-Noël à un dieu, je ne sais pas ce qu’en disent les scandinaves…), et qu’il faut respecter cela, sans jugement et sans imposer ses propres croyances.

Elle écrira une ou plusieurs lettres (à qui elle souhaite), une grande lettre de voeux de Noël où elle mettra tout ce qu’elle désire, pas forcément des jouets ou des biens matériels, peut-être des choses qu’elle ne voudra partager qu’à cette période-là, des choses qui nous paraîtrons peut-être anodines nous, adultes, mais qui auront certainement une grande importance pour elle.

Et rien ne l’empêchera de laisser un plat de gâteaux faits avec amour, dont elle aura peut-être grignoté certains, pour donner plein de force à ses parents gourmands, et surtout pas tout-puissants, pour réaliser les plus « exauçables » de ses voeux. N’oublions pas que la magie existe aussi, pour nous les adultes. La preuve, nous aussi aimons Noël et tout ce que cela représente. Nous nous faisons, d’avance, un plaisir de partager toute cette magie et le plaisir de faire des heureux à Noël avec notre fille.

« Chalalalala lala la la ! »

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