Ceux qui savent (mieux que vous)

Lorsque votre ventre commence à s’arrondir, vous réalisez vite que le plus difficile à gérer dans le fait de devenir parent, ça ne sera pas votre bébé, mais bien les autres (entendez : ce qui ne vivent pas avec vous).

Notez bien que si vous cumulez plusieurs tares telles que jeunesse, primiparité, approches naturelles, ou encore choix d’une éducation proximale et bienveillante, votre calvaire ne fait que commencer.

Durant ma grossesse, et ne sachant pas ce qui m’attendait vraiment, je prenais le parti d’expliquer scrupuleusement mes/nos choix, en précisant toujours que « de toute façon, on verra quand bébé sera là ». Finalement, on avait droit à quelques questions légèrement inquisitrices sur l’utilité de tel « cocoonababy » ou autre « écharpe de portage », mais ce n’était rien… Vraiment rien en comparaison de ce qui nous attendait.

Un jour, bébé est arrivée. Et tout ce que nous avions prévu pour elle nous a servi bien plus que ce que nous l’aurions imaginé. Nous avons donc pu faire taire quelques voix. Mais c’était sans compter sur les autres. Qui se cachaient là, tapis dans l’ombre, et qui n’avaient pas dit leur « premier » mot.


D’abord, sachez que quoi que vous fassiez, vous serez toujours un mauvais parent. Vous avez forcément raté quelque chose. Et en plus vous êtes jeunes, vous ne pouvez pas savoir. Surtout si c’est votre premier enfant.

Sachez aussi que tout le monde aura son mot à dire. Et le plus agaçant, c’est peut-être lorsque les remarques viennent de personnes qui n’ont pas d’enfants.

On commence par la sage-femme de la maternité (qui dit exactement le contraire du pédiatre qui ne disait déjà pas la même chose que la puéricultrice de la salle d’accouchement). Puis vient le tour de la caissière à la parapharmacie, qui devant son chauffage, vous accable d’avoir trop couvert votre si petit bébé (de 2 semaines) dans l’écharpe (fin du mois de février…). Et que vraiment, ces écharpes, ça tient trop chaud ! Votre grand-mère s’y met parce que vous la gâtez trop cette petite, vous la prenez trop souvent dans les bras. Et vous la bercez de surcroît ! Et la sage-femme, qui se préoccupe décidément davantage de « l’éducation » que vous donnez à votre bébé qu’à votre périnée, vous met en garde 6 fois par séance : « Elle a 7 semaines mais vous voyez, elle sait déjà vous mener par le bout du nez, qu’elle est maligne et éveillée cette petite !« . La vieille dame au supermarché rajoute sa patte au tableau en poussant un « pauvre bébé » dans votre dos. Oh oui… Mon pauvre bébé qui dort si paisiblement contre mon coeur alors qu’en-dehors de son cocon, le monde ne tourne plus rond ! Et lorsqu’ayant pris bien soin de prendre la poussette pour aller faire quelques achats à la parapharmacie, votre bébé de 2 mois bave partout sur son col, la caissière ne manquera pas de vous assommer à coups de culpabilisation : « Mais enfin, il faut lui donner du Dolipra*e, elle fait ses dents, ne la laissez pas souffrir comme ça, si ça existe c’est pour une raison !« . L’ostéopathe n’aura pas oublié d’y mettre du sien, à deux reprises, vous reprochant de trop porter, d’allaiter encore (à 3 mois ça commence à faire quand même…), de cododoter et surtout, surtout, surtout de ne jamais laisser pleurer votre bébé qui fait des caprices. Elle n’oubliera pas de vous donner tous les conseils les plus idiots de la Terre, parce qu’elle les a appliqués avec ses fils et que ça a marché. Et un jour, alors que vous pensiez avoir dépassé tout ça depuis le triste épisode précédent (qui a définitivement changé quelque chose en vous), la vendeuse de l’épicerie bio où vous venez acheter un gel dentaire pour votre bébé baveur, se scandalisera presque que vous allaitiez toujours votre bébé à la demande à 5 mois (« Mais non ! Ca c’est seulement au début ! » + tête d’effroi).

Autant vous épargner toutes les considération sur notre énorme laxisme. Mais alors que je ne sortais déjà pas beaucoup, avec un bébé très demandeur, peu dormeur, collé à son garde-manger (cqfd : moi), subir les remarques assassines, moralisatrices, idiotes, fatigantes, drôles d’absurdité etc, donnait franchement envie de rester à la maison pour allaiter, cododoter, porter, cajoler dès les premiers pleurs, chanter à tue-tête (bonus).


Je vous offre en conclusion le plus merveilleux conseil qu’il m’ait été donné de recevoir : « Mettez des boules quies et ne vous levez pas. La 1ère nuit, bébé va beaucoup pleurer. La 2ème nuit il pleurera moins. La 3ème nuit il ne pleurera plus, il aura compris. » Ma sage-femme, qui a partagé cette merveilleuse astuce avec moi, ne me reverra plus (précision utile ?). En revanche, je me suis procuré des boules quies. Et je les ai toujours sur moi. Je ne manque jamais de les mettre lorsqu’un conseil non désiré se profile.

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4 réflexions sur “Ceux qui savent (mieux que vous)

  1. Mon dieu comme ça fait du bien d’entendre tout ça, et de ne pas/plus se sentir seule .. Merveilleusement bien écrit, comme j’aimerai leur poster ton article à tout ce qui manque de se taire ! Je suis 100% d’accord avec toi et tes/vos choix concernant Agathe, je pense appliquer les mêmes, et j’ai bien la certitude que nos enfants seront équilibré, auront confiance en eux, seront épanouie, respectueux et sauront ce qu’est l’AMOUR. après 8 mois d’allaitement maternel, de bisous câlins en tout genre, portage et cie je le vis bien j’ai envie de le dire à tout ce qui en doute a coup de conseil ahurissant ! Et pour la bonne expérience du laisser pleurer pourquoi pas les culpabiliser en leur disant Que c’est bien, ils ont bien appris à leur enfant : l’intériorisation des émotions, de la peur de se sentir seul alors qu’ils n’ont fait qu’un avec leur mère 9 mois durant, et qu’ils sont de ce fait bien malheureux en silence dorénavant à leur grand bonheur 👍 (diabolique) 😈 !

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  2. Pingback: Hapto-quoi ? Haptobaby | Mère veille

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