Des Mimines Bavardes : le Baby Sign chez nous – Partie 1

Je me fais un plaisir, depuis la création de ce blog, à l’idée de vous partager ce sujet qui, plus que tous les autres encore, allie ma passion pour mon métier et ma vie quotidienne de maman.

En bonne fille méditerranéenne, j’ai toujours été du genre à tout mimer en parlant (la nana qui gesticule là-bas, c’est moi). Lorsque j’ai fait mes premières formations de baby sign, je n’étais pas encore maman, je projetais seulement de grandes choses pour mes petits patients en manque de moyens d’expression, de compréhension des autres, de communication. J’ai pratiqué, peaufiné, je me suis confrontée à quelques échecs et surtout à beaucoup de plaisir et d’échanges, en signes, des vrais ! Un regard qui s’illumine : celui de l’enfant de 5 ans, sans langage, qui réussit à se faire comprendre par un signe, juste un petit mouvement de main. Et mon coeur fait boum boum. Une grande conviction s’éveille en moi.

Depuis que je suis maman, j’ai refait une formation, pour me mettre à jour, me convaincre encore davantage. Il n’y a jamais une seule manière de voir les choses. Cela m’a apporté un regard complémentaire sur le baby sign, et j’y ai entrevu la possibilité de le pratiquer avec mon bébé, ou d’autres encore, qui eux, communiquent sans difficulté aucune. Je suis passée de « fan à 100% » à « convaincue à 200% ».

Lorsque nous avons commencé à pratiquer le baby sign à la maison, nous étions bien loin d’imaginer l’immense bonheur que cela nous procurerait, tous les 3. Notre façon de communiquer à nous, les 4 premiers mois, ont d’abord été mimiques, intonations et gestes marqués, insistants, comme chaque parent fait avec son bébé, souvent sans réaliser l’importance de cette façon d’initier son enfant à la communication humaine. Puis, au moment où notre petite bavarde a commencé à babiller, nous avons introduit quelques signes, sans savoir si cela lui plairait, si elle s’en saisirait, si elle en aurait envie.

A 7 mois, bébé commence à pointer (partout, tout le temps), trop?) ce qui l’interpelle pour en connaître le nom. A 9 mois, miss A. fait son premier signe (« pompiers »). Son grand jeu : nous appeler lorsqu’elle entend la sirène des pompiers dans la rue (ce qui arrive plusieurs fois par jour) tout en signant, ravie de faire comme papa et maman. Regard fier de l’enfant dont les parents verbalisent ce qu’il communique par signe : « Oh oui ! On entend les pompiers ». De fil en aiguille, avec le pointage et devant ses demandes (inventer des signes à chaque mot qui l’intéresse), nous introduisons les signes dont elle a envie/besoin, pour communiquer avec nous sur ses sujets favoris ou ce qu’elle aime le plus. A 12 mois, et une trentaine de signes à son actif, nous sommes désormais convaincus de notre choix et de l’intérêt d’une telle pratique pour elle : une curiosité bien rassasiée et épanouie, et avant tout, un désir de communication débordant enfin comblé.

Aujourd’hui, avec notre pitchounette de 13 mois, le baby sign c’est : comprendre que le 1er sujet de préoccupation de bébé le matin c’est « ouvrir la fenêtre » ou « papa est parti au travail », plus d’assiette parterre au bout de 30 secondes à table parce que bébé préfère manger le dessert avant l’entrée, un bébé qui calme plus facilement ses peurs et ses colères parce qu’il peut le signer (du moins demander le câlin à papa ou maman).

Mon avis (il m’appartient, après tout vous êtes sur mon blog) : A tous ceux qui ne sont pas à l’aise avec le signe, qui ont l’impression de devoir se forcer et d’y penser pour le faire, qui le font juste parce que maintenant « tout le monde en parle comme d’une méthode incontournable », ou qui le font inlassablement dès la naissance de bébé « pour s’entraîner » : STOP. Demandez-vous avant tout ce que représente le lien de communication à votre enfant ou même aux autres en général. Votre enfant sentira vite le malaise et le caractère non-naturel du contact que vous établissez avec lui. Qu’est-ce qui est le plus important pour vous ? Votre enfant a-t-il besoin/envie de cette façon de communiquer ? Ces questions me semblent essentielles et méritent réflexion si l’on veut éviter quelques désillusions.

N’hésitez pas à réagir et à partager vos expériences en commentaire !

A venir sur le même sujet : « Les questions les plus fréquentes sur le Baby Sign » ; « Baby Sign : quels signes, quel enfant ? »

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Noël : avec Santa ou sans ?

(Cet article traîne depuis pas mal de temps dans mes brouillons. 
Il a décidé de faire aujourd'hui son coming out, 
après quelques modifications).

 

Le sapin trône au milieu du salon, les comptines de Noël ont envahi la maison, le piano joue de vieux morceaux d’hiver, et le four déverse ses odeurs de cannelle, vanille, amande…

Bref, vous l’aurez compris si vous vivez sur la même planète que nous : Noël arrive ! Qu’on se le dise, j’adore Noël. Lorsque décembre approche, j’ai à nouveau 6 ans, mon coeur s’emballe, je suis excitée comme une puce au salon de la moquette.

Alors forcément, j’ai envie que ma fille partage ce même enthousiasme pour ce qu’on appelle communément « la magie de Noël ». Qui n’a rien de magique en fait. Mais qui nous offre une parenthèse dans le morne hiver pour oublier nos petits soucis, nos moments difficiles et tous nos questionnements existentiels.

Ou presque tous… Parce que tandis que les baffles hurlent à côté de moi « Petit Papa Noël, quand tu descendras du cieeeel », il est temps pour moi de partager avec vous notre dernier questionnement existentiel de parents. Vous l’aurez deviné.

Allons-nous faire croire au Père Noël à notre fille ?

Je pense que beaucoup de parents ne se sont pas posé cette question. Et quels chanceux de n’avoir pas été confrontés à ce choix cornélien. Mais si vous vous l’êtes posée, c’est que pour vous, dans tout cela, quelque chose cloche(tte). Et notre raisonnement (que je vais évidemment partager ici) nous a conduit à laisser le vieux et gentil barbu se reposer tranquillement dans sa froide Laponie la nuit du 24 au 25 décembre (et ses lutins tous les autres jours de l’année).

« Mais que ces parents sont égoïstes et cruels avec leur pauvre enfant !« 

Pas de jugement face à cette réaction. C’est ce que je me suis moi-même dit le jour où, la maman d’une adorable patiente (4 ans) m’a dit dans la salle d’attente : « Oh mais ne jouez pas la comédie avec elle, elle ne croit pas au Père Noël, mon mari et moi n’y tenions pas« . Aujourd’hui, les paroles de cette bienveillante et maternante maman me reviennent en tête. Son adorable tête blonde ne croyait pas à l’existence du Père Noël et elle ne s’en portait pas plus mal… Et pourtant, j’ai eu tellement de compassion et de pitié pour elle. Pourquoi ?

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Je sens que les réactions de notre famille et de notre entourage ne vont pas être très différentes de celle que j’ai eue ce jour-là : « Mais c’est injuste ! Elle n’a rien demandé ! Vous lui imposez vos choix d’adultes ! Vous lui volez la magie de Noël ! Vous lui volez son innocence ! » (ouais comme ça, avec tout plein de points d’exclamation, et aussi des moues réprobatrices, et un gros lot de culpabilisation parentale).

Oui, nous sommes d’horribles parents… Parce que :

  • Nous ne voulons pas mentir à notre enfant, et risquer d’abimer la confiance parents/enfant dont chaque enfant a grand besoin pour se construire, en montrant l’exemple d’une infinité de mensonges (et il n’y a pas de petit mensonge) destinés à maintenir intacte la croyance le plus longtemps possible (mais pas trop quand même… l’adulte incohérent) ;
  • Lorsque j’étais enfant, je n’ai jamais cru au Père-Noël et je m’efforçais de montrer à mes parents que j’y croyais parce que je pensais leur faire plaisir – Je me sentais blessée également que l’on puisse m’imaginer assez bête pour croire à l’histoire de ce vieux croûton obèse (qui fait pleurer les enfants dans les centres commerciaux) et je me disais toujours « Lorsque j’aurai des enfants, jamais je ne les considèrerai comme trop crédules et innocents pour comprendre » ;
  • Nous préférons épargner à notre fille des questionnements angoissants : « Mais il risque de tomber du toit, de se faire mal en tombant dans la cheminée » ou pire « Et s’il m’oublie ?« . Et oui, parce que le Père-Noël est issu de l’imaginaire de l’adulte, et non de l’enfant, que ce qui semble mignon est anodin à un adulte peut être une source d’inquiétude importante pour l’enfant ;
  • Nous refusons tout chantage, et encore plus le chantage au Père-Noël : « Attention, si tu n’es pas sage… patata » (on connaît tous la chanson) ;
  • La vie est déjà suffisamment compliquée, sans avoir besoin de trouver mille stratagèmes et ruses pour justifier : nos absences pour acheter les cadeaux, la nécessité de remercier tatie Françoise pour la boîte de Playmobil chevaliers ; les dizaines de Pères-Noël différents croisés sur le marché de Noël… ;
  • La magie de Noël, selon nous et lorsque nous étions enfants également, ce n’est pas ça. Cela dépend des familles. Mais pour nous, Noël, c’est étancher la soif de magie de notre enfant par le biais de traditions, religieuses et païennes, dont le Père Noël ne fait partie qu’en légende.

« Et la lettre au Père-Noël ? Les biscuits et le verre de lait le soir du 24 avant d’aller dormir ? Les copains à l’école qui ne parlent que de lui ?« 

Nous souhaitons plus que tout apprendre à notre fille à vivre dans le respect de l’autre et des choix de chacun. Nous ne lui cacherons pas que dans certaines familles, les parents décident de présenter à leurs enfants l’histoire du Père-Noël comme une histoire vraie, parce que ça leur fait du bien d’y croire, comme certaines personnes croient en un dieu et d’autres pas (loin de moi l’idée de comparer le Père-Noël à un dieu, je ne sais pas ce qu’en disent les scandinaves…), et qu’il faut respecter cela, sans jugement et sans imposer ses propres croyances.

Elle écrira une ou plusieurs lettres (à qui elle souhaite), une grande lettre de voeux de Noël où elle mettra tout ce qu’elle désire, pas forcément des jouets ou des biens matériels, peut-être des choses qu’elle ne voudra partager qu’à cette période-là, des choses qui nous paraîtrons peut-être anodines nous, adultes, mais qui auront certainement une grande importance pour elle.

Et rien ne l’empêchera de laisser un plat de gâteaux faits avec amour, dont elle aura peut-être grignoté certains, pour donner plein de force à ses parents gourmands, et surtout pas tout-puissants, pour réaliser les plus « exauçables » de ses voeux. N’oublions pas que la magie existe aussi, pour nous les adultes. La preuve, nous aussi aimons Noël et tout ce que cela représente. Nous nous faisons, d’avance, un plaisir de partager toute cette magie et le plaisir de faire des heureux à Noël avec notre fille.

« Chalalalala lala la la ! »

Manger avec les doigts ? C’est du propre !

S’il y a bien une chose pour laquelle je n’ai jamais été pressée, c’est la DIVERSIFICATION ALIMENTAIRE de notre fille. Et très honnêtement, j’ai eu bien du mal à comprendre les mamans pressées de s’adonner aux confections de purées et compotes. Je n’ai aucune difficulté à voir notre enfant grandir. Nostalgie des premiers mois, de temps en temps, mais la voir grandir et découvrir le monde a toujours été un bonheur immense. Personnellement, je n’ai rien à cacher (ou presque), je suis très gourmande. Papa aussi. Et Agathe montrait un goût certain pour le bon lait de maman…

Mais à 4 mois, alors que je voyais les petits copains du même âge commencer les panais-brocoli-celeri et autres banane-fruit de la passion-pomme, mon cerveau a crié : DEJA ? Attention, sans critique aucune, ce « déjà » me renvoyait tout simplement à ma perception propre des choses, à mon regard de maman sur le développement de ma fille.

Avant tout ça, notre maître mot dans le développement et l’éducation d’Agathe, avant même sa naissance (voyez ici) était : AUTONOMIE. Dans certains cas, c’est difficile à appliquer (la motricité libre a, par exemple, été un échec à la maison malgré notre bonne volonté), mais dans d’autres, ça nous semblait être la seule façon de faire possible.

La diversification alimentaire n’a pas échappé à cette règle. Alors je me suis renseignée : comment un bébé de 6 mois (oui parce qu’on ne voulait pas commencer la diversification avant cet âge-là) peut-il apprendre à manger seul ? L’intention paraissait bonne mais concrétiser le projet semblait délicat… J’ai très rapidement découvert le principe de la Diversification Menée par l’Enfant (DME ou Baby Lead Weaning en anglais). Et là, je dois bien avouer que j’ai bondi de joie (rien que ça…). Papa en revanche, a fait une vilaine grimace…


Ola doucement, c’est quoi ce truc de BOBO encore ? Ce truc de hippie ? Ce truc de parent laxiste ? Ce truc de ceux qui ne veulent décidément rien faire comme les autres ? Oui… Les critiques se la coulent douce sur le long fleuve tranquille de la parentalité.

Je vous donne la DEFINITION courte, celle qui ne prend pas de détours, celle qui ne fait pas de chichis et qui finalement, résume le tout en quelques mots ; la DME, c’est donner à son enfant, la possibilité de conduire sa diversification seul, sans aide, en mangeant comme l’adulte (ou presque). Cela signifie : pas de purées. Pas de compotes (parce que le cerveau d’un enfant de 6 mois n’est pas encore capable de programmer la séquence de gestes permettant de : tenir la cuillère, la remplir, la porter à la bouche sans la renverser). Des MORCEAUX ? ENTIERS ?? SANS DENTS ???

Je n’ai pas la prétention ici de vous dire comment faire de la DME, mais j’espère qu’au travers de notre expérience, d’autres parents arriveront à concilier ce dont ils ont envie pour leur enfant d’un côté, et leur crainte de l’autre. Et je dis crainte au singulier parce que finalement, il n’y en a pas 36, mais bien une (et pas des moindres) ; celle que son enfant s’étouffe.


DU CALME,

J’ai la casquette de maman oui, mais aussi et heureusement celle d’orthophoniste. Ma remarque peut sembler inutile pour le quidam qui voit dans l’orthophoniste celui qui « apprend à parler aux petits enfants », mais un orthophoniste sait aussi, parfois trop, ce qu’est une fausse-route. Et croyez-moi, les mécanismes de la déglutition n’ont plus de secrets pour moi depuis quelques années. C’est dans cette explication (non sans failles, il faut l’admettre, chaque enfant est différent) que je me lance lorsque papa prend peur, lorsque nounou s’affole, lorsque les foudres de la plèbe s’abattent sur moi (je manque de sommeil pardonnez-moi…) :

  1. Un enfant (surtout s’il a été allaité) a un système mandibulaire déjà tonique, ce qui permet l’apprentissage rapide du geste masticatoire).
  2. L’enfant tient assis (pré-requis impératif) et peut donc, naturellement (ce n’est pas un mouvement qu’il apprendra, mais bien un mouvement instinctif), recracher un morceau qui le dérange en bouche.
  3. Le réflexe nauséeux (ou gag réflexe = lorsqu’on a un haut le coeur) est déjà présent chez le bébé, et il est même plus avancé (sur la langue) et sensible que celui de l’adulte ; ce qui permet à l’enfant de bloquer les morceaux qui pourraient passer en arrière bouche et être avalés.
  4. Si l’enfant est capable d’attraper et de mettre en bouche le morceau, son développement moteur est suffisamment avancé pour qu’il sache se protéger d’un morceau trop gros qu’il risquerait d’avaler.
  5. Le risque de fausse-route aux liquides (lait, eau, purée lisse et compote lisse) est plus élevé que le risque d’étouffement avec un morceau.

Maintenant que l’on sait ça, en pratique, comment fait-on ?


EN PRATIQUE, on observe bébé. Et on ne passe à l’alimentation solide en première intention qu’à plusieurs conditions :

– Bébé montre un intérêt réel pour la nourriture et le fait de manger (et non pas juste de la curiosité, comme il le ferait avec un jouet) ;

– Bébé tient assis seul (c’est une question de sécurité, pas de DME dans un transat, je suis une fille souple mais sur ce point, nous avons été clairs avec la nounou : chaise haute ou rien) ;

– Bébé ne présente plus de troubles digestifs de type « colique » (et ça, c’est le cas pour toute diversification, mais normalement à l’âge où les enfants tiennent assis, ceci entraînant cela, ces soucis sont résolus).

Ensuite, on s’équipe (article à venir sur le sujet).

Puis on passe au vif du sujet : le choix des aliments. Et là, c’est du feeling. Du bon-sens plutôt. C’est sur ce sujet que nous prenons notre temps. Bébé est censé manger, à terme, comme nous (et l’autonomie que vous lui laissez le conduira souvent, de toute façon, à demander la même chose que vous).

On ne passe à une alimentation solide en deuxième intention selon les recommandations générales, qu’entre 9 et 12 mois si l’on a commencé par introduire purées et compotes. Le vrai risque serait de commencer la DME alors que l’enfant n’associe pas encore, sur le plan moteur mastication + déglutition.


Nous suivons nos ressentis et sommes à l’écoute de ceux de notre fille. NOTRE EXPERIENCE : nous avons démarré l’aventure lorsqu’elle a eu 5 mois et demi : elle tenait assise et présentait un intérêt plus que sûr pour notre nourriture (se permettre de piquer le melon de maman dans son assiette, c’est quand même culotté).

Les premiers aliments qu’elle a goûtés, assise sur nous, étaient un morceau de pastèque, quelques bouts de melon et quelques tartinettes sans gluten (oui, on peut manger sans dents !). Cela nous a confortés dans l’idée qu’elle était prête. Oh oui ! ATTENTION : démarrer la DME, ce n’est pas sans retour en arrière possible, au contraire. On peut tenter. Réaliser que l’on s’est trompé. Que bébé n’est pas prêt. Et on arrête tout, quitte à retenter l’expérience quelques jours ou semaines plus tard. Le vrai risque est dans l’obstination : devenir autonome, c’est avant-tout avoir la pulsion de découverte, la curiosité, l’envie. SI bébé ne l’a pas, il vaut mieux repasser plus tard.

Nous avons alors investis dans une chaise haute, qui nous semblait adaptée. Avec un réducteur, pour qu’elle soit à l’aise.

Nous avons commencé par les fruits et légumes de saison, sur-cuits ou très mûrs (de façon à ce que tout aliment soit facilement réduit en petits morceaux ou purées par la mastication). Un nouvel aliment à la fois. Mais toujours plusieurs choix dans l’assiette (un ou plusieurs déjà connus, et un petit nouveau chaque jour). Elle goûtait tout. A commencé à montrer ses préférences. Se jetait sur le plateau avant même que nous ayons fini de l’installer. Nous respectons, grosso modo, les âges d’introduction des aliments, mais nous nous permettons des libertés avec les recommandations françaises en matière de rythme d’introduction. Notre fille a déjà goûté du boulghour de riz ou du quinoa avec ses légumes par exemple. Nous aimerions tenter rapidement les volailles et oeufs, riches en fer.

Les deux premiers vrais repas, nous étions fébriles. Maintenant, nous veillons du coin de l’oeil, mais une confiance mutuelle s’est installée. Lorsqu’un haut le coeur se présente, nous la laissons faire, et elle s’en sort très bien. Elle n’a jamais manifesté d’agacement (excepté lorsque le morceau de mangue glisse entre ses doigts). A compris l’intérêt de la mastication. Adore ce plaisir de sentir les morceaux dans sa bouche. Nous le sentons. Nous le voyons. Elle tchatche en mangeant. Et nous prenons tous les trois beaucoup de plaisir à ces repas. ATTENTION (bis) : vous le verrez, vous le sentirez. Si après quelques repas, les morceaux sont un problème pour bébé, n’insistez pas. Et attendez quelques jours avant de lui proposer des purées et des compotes. Manger doit rester un plaisir, non un moment d’angoisse communicative.

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J’ai conscience que ce billet est très survolé, qu’il peut laisser beaucoup d’interrogations en suspens lorsqu’il s’agit d’un sujet si vaste. J’espère avoir répondu aux principales questions de ceux et celles qui m’ont demandé un article sur le sujet. Je suis aussi réceptive à toutes autres façons de pratiquer la DME. Mais j’estime que chacun mange chez soi comme il l’entend tant que les principes de sécurité de base sont respectés. Vous connaissez parfaitement votre enfant. Observez-le, écoutez-le, et participez à cette phase importante de son développement qu’est celle de son oralité, qu’elle soit alimentaire et… verbale ! (pour moi, les deux sont intimement liées).

Et bien sûr, je vous promets de partager quelques recettes (réussies si j’y parviens) ou idées menus, si vous y voyez un intérêt !

Point d’évolution à venir d’ici… quelques mois !

Le liniment… fait maison !

C’est quand même la base. Si je dois partager une recette avec vous, c’est celle-là. Halte aux gourmands ! Ca ne se mange pas (même si je ne nie pas les probables qualités ultra nutritives de ce liquide).


Déjà, le liniment (oléo-calcaire) c’est quoi ? Le truc qu’on met sur les fesses de bébé pour : le nettoyer, l’hydrater, le protéger (Rien que ça… Et ouais !). Très adapté aux bébés qui ont la peau fragile, des tendances allergiques et des érythèmes en tout genre. Mais aussi aux parents qui fuient les lingettes pour bébé ou les crèmes du commerce comme la peste et/ou qui trouvent que l’eau seule ne lave pas assez bien les petites fesses crasseuses.

En me mettant à la recherche du liniment idéal pour bébé (je passe sur les crèmes pour le change habituelles), je me suis vite heurtée à deux problèmes : les liniments les moins chers contiennent des tas d’additifs inutiles (le naturel, on oublie), les liniments les plus respectueux de la peau de bébé sont hors de prix. Partant de ce constat, il ne me restait plus beaucoup d’options.

Je suis une flemmarde de nature, mais lorsqu’il s’agit de la santé de bébé, je ne réfléchis pas très longtemps. La recette du liniment étant quelque chose de relativement basique, autour de laquelle nous pouvons nous permettre quelques fantaisies, je me suis lancée avec joie dans l’entreprise de mon 1er cosmétique 100% fait maison !

Si vous aussi, vous avez envie de tenter, il vous faudra (pour 500 mL de liniment) :

  • 250 mL d’eau de chaux
  • 250 mL d’huile d’olive
  • 10g de cire d’abeille (permet à l’huile de se mélanger à l’eau sans se séparer)
  • 1 càs de glycérine (apporte de la fluidité et une sensation de douceur)

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Au bain-marie : mélangez l’huile d’olive et la cire d’abeille. Attendez que la cire fonde. Lorsque la cire est fondue, ajoutez-y l’eau de chaux et la glycérine. Battez (ou fouettez) pendant 3 minutes. Je verse le liniment dans deux flacons en aluminium (les huiles nécessitant d’être à l’abri de la lumière) de 250 mL, un pour la nounou, un pour la maison et… voilà !

Si l’odeur vous dérange : j’ajoute de l’arôme naturel (5 gouttes maximum, car les arômes naturels contiennent de l’alcool) >> évitez les huiles essentielles (pas toutes inoffensives pour bébé).

Si la peau de bébé est réactive et sensible : vous avez la possibilité de remplacer l’huile d’olive par une huile de calendula, très respectueuse de la peau de bébé (il existe des tas d’huiles différentes que je ne vais pas détailler ici, mais qui ne conviennent pas toutes à bébé : attention alors !).


C’est rapide à faire (10 minutes le temps que l’eau chauffe), économique (coût de revient 4,30€ avec une huile d’olive ; +/- selon le prix de l’huile choisie), pratique (pas besoin de le rincer), respectueux de la peau de bébé et de l’environnement et surtout, TRES efficace (un seul passage et c’est tout propre !).

Maintenant, à vos flacons, et n’hésitez pas à partager vos essais et expériences !

La petite fait ses nuits ?

Après une nuit pareille, le sujet se doit d’être abordé…

Je crois que dans chaque conversation, cette question est toujours celle qui vient juste après « Comment ça va ? ». Et elle me fait sourire autant qu’elle m’exaspère.


Avant la naissance de bébé, et lors des premières semaines, cette question m’a totalement obsédée. Sous la pression des questionnements généraux autour de bébé, de l’entourage, des cours de préparation à l’accouchement, des magazines pour parents qui fleurissent dans les kiosques.  Mais que d’inquiétudes inutiles… J’ai été mise sur la mauvaise voie : celle du tout réglé, tout rythmé, tout calibré.

Dans la réalité des choses, trop de rigidité n’aide pas. Je reviendrai souvent sur cette idée fondamentale de ma façon de vivre ma maternité : intuition vs intellectualisation. Depuis pas mal de temps, je me refuse donc à lire tout écrit quel qu’il soit sur le sommeil. Ou alors juste pour rire. Parfois, on ne peut pas éviter les conseils/remarques toujours si bien intentionnés :

  • Il faut l’emmailloter (elle a toujours détesté ça)
  • Il faut lui donner une sucette (elle ne l’a acceptée qu’à 4 mois)
  • Il faut lui donner un complément de lait artificiel (mon lait lui suffit bordel de ù@#!&=/£)
  • Il faut mettre des céréales dans son biberon [blasée]
  • Tu devrais tester la méthode du 5-10-15 si elle se réveille [je m’évanouis]

Voici le joli crescendo des horreurs entendues. Sans compter les interminables : « Le mien a fait ses nuits à la sortie de la maternité« , « La mienne dort 12h par nuit« , « Quand elle fera 5kg elle fera ses nuits« , « C’est sûr que si elle dort avec vous, elle va pas faire ses nuits » (où comment inverser le problème quand on n’y comprend rien à rien).


Mais bon sang, « faire ses nuits », ça veut dire quoi en fait ? Faudrait commencer par le commencement ! Et surtout, arrêter de penser que « faire ses nuits » = « dormir comme un adulte ». Définitions : Ne pas manger de la nuit ? Ne pas réveiller ses parents ? Dormir en cherchant de temps en temps le sein de sa mère sans pour autant se réveiller ? Se réveiller plusieurs fois entre 22h et 6h mais se rendormir à chaque fois ? Je pense que chaque parent se fait sa propre idée du concept…

Agathe avait 2 mois lorsque j’ai expliqué la situation nocturne à son pédiatre : 5 à 7 réveils tétée par nuit, des pleurs pour qu’on se lève et qu’on se balade avec elle, des maux de ventre (qui expliquent le nombre de tétées et inversement proportionnel), parfois des hurlements inexpliqués. Ce à quoi il m’a répondu : « Ne vous en faites pas, d’ici le mois prochain elle dormira ses 8h par nuit » (Ah! C’est donc ça faire ses nuits ?).

A partir de là, j’ai pris du recul. Je n’ai pas osé me moquer ouvertement du médecin. Ca n’est pas très poli. Mais j’ai abandonné l’idée que ma fille fasse ses nuits avant l’âge de 4 ans, et la question « Quand est-ce qu’elle va faire ses nuits ? » a totalement disparu de ma tête. Et progressivement de celle de son papa.

L’idée qu’un bébé, avant l’âge de 2 ans, voire 3, fasse ses nuits, est quand même un concept bien étrange et… adulte ! Tout comme il est absurde de penser qu’un adulte a les mêmes besoins en sommeil qu’un autre, comparer deux bébés sur ce plan l’est encore davantage. Il y a ceux qui dorment beaucoup la journée, beaucoup la nuit (ils ont des mamans qui ont le temps de se faire les ongles, de regarder la dernière saison de Game of Thrones et qui sont fraîches comme la rosée du matin, en toute circonstance). Il y a ceux qui dorment la nuit, bien, et qui ne se réveillent  pas avant 7h, mais qui dorment peu la journée. Il y a ceux qui dorment bien et beaucoup la journée, mais qui se réveillent souvent la nuit. Et je pourrais continuer longtemps comme ça…


co-sleeping

Finalement, dans la majorité des pays du monde, dans les cultures où l’on pratique le maternage proximal (ou « attachment parenting »), on ne se pose pas cette question du sommeil de l’enfant. On ne se dit pas « A 3 mois, mon bébé fera ses nuits et dormira dans sa chambre ». Et surtout, surtout, on ne pose pas cette question Ô combien insupportable… Il n’y a pas besoin d’aller bien loin de chez nous. En Allemagne, l’expression « faire ses nuits » ne veut rien dire. Et je vous souhaite bien du courage pour expliquer le concept… sans qu’on vous prenne pour un illuminé (qui n’a pourtant pas la lumière à tous les étages…).

Et vous aurez beau être horrifiés par le co-sleeping, avoir fait la plus belle et la plus douce chambre à votre bébé, mettre en place de longs rituels d’endormissement, si votre bébé a décidé de se réveiller 5 fois par nuits, toutes les nuits, et qu’il n’arrive pas à se rendormir sans votre odeur, ou votre chaleur, vous écouterez votre bébé et serez le parent dont votre enfant a besoin, pas celui des magazines, des livres, des salles d’attente.


Alors, la petite fait ses nuits ?

Oui, elle fait SES nuits. SES nuits de bébé, entrecoupées de petits réveils, tantôt difficiles, tantôt si brefs que papa et maman n’ont pas le temps de s’en rendre compte. SES nuits de bébé qui parfois, se sert au sein de sa mère, même si elle n’a pas faim, parce que le goût du bon lait et l’odeur de sa maman la rassurent et lui soufflent « Tu peux dormir, tu ne crains rien, le sommeil est doux, et même si tu dors, tu n’es pas seule ».

Le gâteau tutti frutti

Il y a 2 jours, notre si petite bébé a eu 6 mois. Et voilà. Le cap du demi-niversaire. Comment a-t-elle pu grandir si vite ? Bon ce n’est pas le sujet, ne parlons pas des sujets qui fâchent !


En maman gourmande, qui semble avoir un bébé déjà bien gourmand, j’ai décidé de faire un joli « gâteau de fruits » à notre starlette du jour. Gâteau de fruits ? Mais… euh… c’est quoi ? Un gâteau AUX fruits ? Non…

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Si le coeur vous en dit, et si la saison s’y prête (elle s’y prête toujours pour peu qu’on ruse un peu finalement), il suffit de quelques fruits, d’un gros couteau et d’une bonne vista culinaire (le truc qui te démarque dans Top Chef). Voilà, ici, point de chef d’oeuvre. Mistinguette râlait déjà pour manger ses haricots verts au moment où j’ai commencé le découpage. Il s’agissait d’être rapide. On fait comme on peut !

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J’ai tablé sur les fruits de saison : une pastèque et un melon pour les bases, une poire pour garnir la base melon, une mangue, un abricot et quelques framboises pour la décoration. Comment vous dire… Elle ne s’est pas fait prier pour s’empiffrer de framboises (qu’elle n’avait jamais goûtées), se jeter sur la mangue (son fruit préféré), gratter dans la poire (qu’elle a toujours adorée) et croquer dans l’abricot.

« QUOIIIIII ? Pas de compotes ?? MAIS ???« 

Ahah, on y viendra…

Et dans les pays Scandinaves ?

Pression_Sociales

Ce matin au petit déj., la conversation était lactée. « Jusqu’à quand Agathe sera nourrie au lait maternel ? ». Pas que nous n’ayons jamais abordé le sujet. Au contraire. Mais, une fois de plus, il a été bon de confronter nos différentes visions et ressentis de l’allaitement.

L’allaitement, ça ne concerne pas que les mamans et leur bébé. Oh non ! Faut pas se planter. L’allaitement, pour nous, fait vraiment partie d’un tout concernant le bon développement physique certes, mais aussi socio-affectif, cognitif et culturel (rien que ça) de notre bébé. Et cela inclut forcément le papa. D’ailleurs, les allaitements qui réussissent et durent, sont en majorité ceux qui sont soutenus et encouragés par le papa (on parle également ici d’un coup de main pour les tâches ménagères, pour permettre à la maman d’avoir ce temps-là à consacrer à son bébé).

Nous sommes arrivés à un consensus : notre fille tètera, si rien n’empêche cela, jusqu’à ce qu’elle n’en ait plus envie (l’âge du sevrage naturel, c’est un autre sujet qu’il serait trop long d’aborder ici, mais qui est bien « flou »…). Certains sont outrés (crient à l’inceste et ont presque envie de vomir). D’autres n’imaginent pas jusqu’à quel âge un enfant peut demander le sein de sa mère…  Très peu, même les gens qui se disent « ouverts d’esprit » trouvent ça normal, logique, respectueux (de l’enfant, j’entends !).

L’homme prit son air légèrement interrogateur, quant à cette incertitude sur la durée de l’allaitement au sein (notre fille étant, de surcroît, très attachée à ces moments aussi bien câlins que nourriciers). A moi d’en revenir aux fondements : s’il y a bien une chose sur laquelle nous étions d’accord, c’est sur le respect des rythmes, des besoins et demandes de notre fille. Alors, pour essayer de légitimer une pratique très peu répandue (l’allaitement long), il rajoute : « Et dans les pays Scandinaves, comment ça se passe ? ». Cette question nous fait beaucoup rire. Mais dès qu’un détail (plus ou moins gros) sur la parentalité nous tiraille, elle revient sur le tapis. Bien sûr, (je tiens à la préciser) c’est avec beaucoup d’humour que nous en arrivons à nous la poser. Mais cette fois-ci quand même… Les français sont tellement mauvais élèves en matière d’allaitement (et d’éducation en géné… OUPS, trop tard je l’ai dit), qu’on aimerait bien savoir…


Tout ça ne veut pas dire grand chose, puisque la durée d’allaitement varie énormément d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre, d’une maman à l’autre. Alors… Quelques chiffres ? Ca parle toujours ça, les chiffres !

L’Organisation Mondiale de la Santé (on ne le rappellera jamais assez) préconise :

 – 6 mois d’allaitement exclusif

 – La poursuite de l’allaitement maternel jusqu’à 2 ans et plus

En France, l’allaitement c’est : 74% de bébés allaités à la naissance. 54% au bout d’un mois (dont 35% de manière exclusive = bénéficiant uniquement de lait maternel). A 6 mois, ils ne sont plus que 25% (étude EPIFANE).

Venons-en au fait : dans les pays Scandinaves (et en Finlande, on ne peut pas les oublier !), ça se passe vraiment différemment ? OUI. Le soutien aux mamans allaitantes est également différent. La politique familiale aussi. Le lait artificiel n’y a pas toujours bonne presse. C’est un tout !

En Norvège et en Suède : 98% des bébés sont allaités à la naissance. 72% le sont encore à 6 mois. En Finlande : ce chiffre est de 99%. Ils sont 60% à 6 mois.


Comparer, comparer, toujours comparer… Cela ne nous dit en dit pas vraiment davantage sur la durée de l’allaitement finalement… En revanche, cela nous en dit beaucoup sur le fait que : ce qui semble naturel dans un pays, peut être difficilement toléré dans un autre. De là à de rapides conclusions sur la durée de l’allaitement d’un pays à l’autre, il n’y a qu’un pas. Je ne vous fais pas de dessin. Tout cela est bel et bien culturel (cf. plus haut dans ce billet) avec tout ce que ça comprend de notions de genre et érotisation du sein de la femme etc,. Avant que mon article ne prenne un virage trop philosophique, je vous invite plutôt à aller lire cet excellent billet !

Bon finalement, j’ai essayé de déguiser le truc, mais c’était encore un article bien égocentré, tout ça pour dire que : aujourd’hui, ma fille a eu 6 mois. Elle est encore allaitée. Et le sera encore tant qu’elle en aura besoin/envie. Non, je dis ça… Ca semble arriver comme un cheveu sur la soupe. Mais l’air de rien, je commence bien à le sentir le vent de l’inquisition : « Tu l’allaites encore ? » « Tu reprends le boulot ! Tu vas lui donner quel lait de relai ? », « Elle prend le biberon maintenant ? ». Je ne vous cache pas que d’ici quelques mois, il y aura sûrement un nouvel article, dans la catégorie « droit de râler », à ce sujet 😀

Hapto-quoi ? Haptobaby

Dans deux jours, Agathe aura 6 mois. Non, en vrai, elle aura quasiment 15 mois. Dont 11 passés à communiquer avec nous, ses parents. Bizarre cette façon de voir les choses, me direz-vous… Voyons pourquoi j’introduis le sujet de cette manière.

J’ai toujours eu un fort désir de communiquer avec elle. J’ai d’ailleurs toujours senti que c’était une petite fille qui allait chambouler notre monde (au point de lui donner des petits noms féminins, de lui acheter des vêtements de fille, de lui coudre des petits accessoires aux tissus fleuris… pendant 4 mois) [« Cette nana est tarée »]. Pour ajouter à cela, son papa a toujours été très impliqué dans chaque instant de sa vie, y compris in utero. C’est donc tout naturellement que nous nous sommes tournés vers l’haptonomie pour entamer cette nouvelle vie à 3.

Mon but ici n’est pas de vous présenter ce qu’est l’haptonomie. Trop long, trop complexe et surtout : je n’ai pas cette prétention. Mais alors, pourquoi écrire ce billet ? J’y viens…

A ce jour, Agathe c’est : 5 réveils par nuit en moyenne, des hurlements de frustration lorsqu’elle n’arrive pas à faire quelque chose, des minutes entières à regarder fixement des inconnus, des centaines de siestes ratées, des demandes de présence, d’attention et de communication encore et toujours, une envie de bouger et d’explorer permanente, un bébé qui n’a pas froid aux yeux.

Nous nous sommes souvent demandé si elle n’était pas ce qu’on appelle (terme à la mode) un BABI (Bébé aux besoins intenses). Nous n’avons toujours pas écarté cette hypothèse, mais ce n’est pas le sujet ici. Ceci dit, à tous les gens qui m’ont répété malgré mon ressenti de maman, souvent, avec un air d’agacement dans la voix, que « c’est normal, c’est un bébé, tous les bébés sont comme ça », je peux aujourd’hui répondre qu’ils avaient tort (à propos de ceux-là, je vous invite à aller lire mon précédent billet « Ceux qui savent (mieux que vous)« ). Et oui, ils avaient tort, car Agathe est en réalité un « bébé hapto ».


Un « bébé hapto » c’est quoi ? C’est pas bien compliqué si on schématise : un bébé qui a communiqué très tôt (souvent dès 4 mois in utero), par le mouvement, le toucher et l’intention (concept difficile à approfondir ici) avec ses parents. En pratique (oui parce qu’en fait, c’est ça qui nous intéresse) les « bébés hapto » sont (dans les grandes lignes) :

     – Profondément et fermement attentifs et curieux à ce qui les entoure (et ce dès leurs premières heures de vie) ;

    – Observateurs (et peuvent fixer pendant de longues minutes les personnes qui leurs parlent : de quoi mettre mal à l’aise quand une mamie s’approche au parc…) ;

   – Cherchent à communiquer par tous les moyens dès leur naissance (au départ par ce regard profond et fixe, plus tard en interpelant les personnes qui s’occupent d’eux si elles sont occupées à autre chose) ;

     – Tiennent et tournent très tôt leur tête afin de voir autour d’eux tout ce qui se passe ;

     – Sont volontaires et sûrs dans leurs gestes et mouvements, pleins d’assurance (et gare aux bosses) mais confiants ;

     – Exigeants envers eux-mêmes et envers leur entourage ;

     – Très tôt souriants et sociables ;

     – Petit dormeurs ;

     – (Très) demandeurs d’attention et de communication.


Quelques anecdotes personnelles :

♥ Agathe est née il y a 15 minutes et cherche mon sein. La puéricultrice tente de l’aider. Puis n’y arrivant pas elle s’adresse à nous : « Mais, vous avez fait de l’haptonomie pendant la grossesse ? » / parents interloqués : « Oui, pourquoi ? » / « Et bien regardez, c’est assez évident, elle s’énerve parce que je cherche à l’aider. »

♥ Agathe a 1 mois ½, nous sommes au parc et elle regarde les arbres. Une dame âgée vient vers nous. Agathe la regarde fixement. La dame s’approche, se met à côté d’elle  et commence à lui parler. Petite curieuse ne la lâche pas des yeux. La dame lui dit « J’ai l’impression que tu me dis tellement de choses lorsque tu me fixes comme ça. »

En mots clés ça donnerait : Calme, Demandeuse, Hypersensible, Communicante, Expressive, Tonique, Intrépide, Curieuse, Observatrice et j’en passe. Et surtout, un mot que l’on a entendu à outrance depuis sa naissance : Eveillée. Ce n’est pas tous les jours facile : suis-je une mauvaise mère d’avoir regretté à plusieurs reprises d’avoir fait de l’haptonomie ? Même si aujourd’hui, j’accepte avec bonheur ce qu’elle est ainsi que ce désir d’autonomie et de découverte qui l’anime. Même s’il n’est parfois pas possible de la laisser 30 secondes pour aller aux toilettes.


Attention : Ceci n’est pas une course au bébé parfait ! Les bébés de l’haptonomie ne sont pas des bébés précoces, plus évolués,  meilleurs ou je ne sais quoi (florilège de termes que j’adore entendre). On ne fait pas une course. On ne fait pas des enfants pour en faire des surhommes. Les « bébés hapto » sont simplement différents par quelques particularités cumulées qui les distinguent, particularités que peuvent également présenter des bébés qui n’ont pas fait d’haptonomie – et ce de par leur caractère et leur environnement.

Ce n’est pas un passage obligé : Tout comme on applique les principes éducatifs que l’on choisit selon sa sensibilité, selon son enfant, on fait de l’haptonomie seulement si l’on se sent en phase avec cette approche. Tous les papas n’ont pas le goût de s’investir si tôt dans une grossesse, toutes les mamans ne sont pas à l’aise avec le fait qu’on leur touche le ventre, tous les bébés n’ont pas envie de répondre aux appels de l’extérieur.

Les étiquettes : Avant d’être un bébé ceci, ou un bébé cela, un bébé est avant-tout lui-même, avec son caractère, son vécu et ses relations propres. Quelques pistes aident cependant à se déculpabiliser et à comprendre certaines difficultés que l’on traverse avec son bébé/enfant.


Pour approfondir :

     – Haptonomie ici ou

     – Préparation à la naissance : ce qui existe en France

Pour une « entente » heureuse

9782221141298

Si je ne devais en citer qu’un, ce serait celui-là. Ce livre est de ceux qu’on aimera toujours, qu’on connaît par coeur, qu’on a dévoré, qu’on voudrait offrir à tous les parents et faire lire à toute sa famille.

Un enfant, comment ça fonctionne ? Pourquoi il ne fait pas ci pour vous embêter, ou ça par machiavélisme. Pourquoi il fait ci parce qu’il ne sait pas gérer ses émotions, et pas ça pour vous manipuler.

Voilà comment Catherine Guéguen (pédiatre) a su me replonger dans mes vieux cours de neuro-anat, de pédagogie et de psychologie de l’enfant. Voilà comment elle m’a révélé bien des choses sur mes propres comportements sociaux ou ceux de mes proches. Voilà comment, au fil de ses mots, elle m’a dit, entre les lignes : « Suis ton instinct, non tu n’es pas laxiste, tu es une maman qui fait de son mieux avec son propre passé d’enfant » , « Il est normal que tu ressentes de la colère, mais ne la laisse pas envahir ton enfant ».

Mon passé d’enfant, comme pour beaucoup, c’est ça : une gifle parce que j’ai renversé mon bol de céréales (et parce que ça ne fait pas de mal), des cris parce que j’ai eu une mauvaise note (et parce qu’il n’y a que comme ça qu’un enfant peut écouter ce qu’on a à lui dire), un reproche, une insulte, une critique, des gros yeux (souvent). C’est : la peur, les pleurs, la haine, l’abandon, l’angoisse. La violence éducative ordinaire (VEO) quoi. Et parce que je l’ai vécue, à grande échelle, je ne veux pas ça pour mon enfant.

En vrai, il m’arrive d’être à bout. A bout de nerfs, au bout du rouleau. Mon cerveau me rappelle qu’il ne sait toujours pas gérer  sur l’instant ces émotions extrêmes, parce qu’on ne m’a pas appris, enfant, comment temporiser ces vagues qui m’envahissent, comment écouter ce que je ressens. Finalement, on m’a montré comment réagir impulsivement sous le coup de ces émotions. Mais grâce à ce livre, la raison reprend le dessus. J’apprends à me pardonner. Je demande de l’aide. J’explique à ma fille que je l’aime mais que papa va s’occuper d’elle quelques instants le temps que maman aille se reposer. J’aime à penser que la VEO s’arrêtera avec moi, et qu’il en va de l’avenir des générations futures de prendre sur moi dans certaines situations, de prendre le temps même si c’est difficile (être utopiste ne fait jamais de mal).

Le lire fait du bien, car il nous guide dans notre cheminement de parent (ou d’accompagnant de l’enfant quel qu’il soit : enseignant, professeur de musique, entraîneur de gymnastique ou… orthophoniste !). On ne se sent plus seul. Il est une rencontre entre nous et le parent dont on rêve pour notre enfant. Celui qu’on aurait aimé avoir soi-même. Cet ouvrage est le traducteur entre un enfant qui crie, et son parent qui ne le comprend plus. Ou à l’inverse, l’informateur entre un entourage plein de remontrances et des parents jugés laxistes. Et surtout, avant toute chose, il est profondément, assurément, cartésiennement scientifique. C’est là que réside toute la magie des neurosciences. Celle de démontrer que laisser un bébé pleurer pour qu’il dorme seul, le tirer par le bras pour qu’il se dépêche ou lui dire qu’il nous fatigue à longueur de journée a des répercussions néfastes et définitives sur son cerveau d’adulte en devenir.

Pour finir je voudrais citer : « L’enfant s’épanouit quand l’adulte montre le chemin, est le modèle, n’utilise pas de rapports de force physiques ou verbaux avec l’enfant, […] il apprend alors très tôt comment bien vivre affectivement et socialement. Lui-même recevant ce qui est indispensable pour s’épanouir peut à son tour le faire partager autour de lui, et le transmettre à ses propres enfants plus tard. »

Et ce n’est pas moi qui le dit…

Ma-ma-ma-maman

En ce moment, notre Agathe est inconsolable sans sa maman. Nous avons beau faire, elle ne veut que moi. Elle boude les invités, tourne la tête lorsque les passants la regardent, pleure dans les bras de son papa d’habitude si sécurisants et hurle quand ses personnes préférées tentent de la câliner.

Et lorsqu’elle pleure, et que je tarde à arriver, malgré mes efforts, je l’entends m’appeler « ma-maaaa eeeeeu ma-ma-maaaa« . Et mon coeur de maman se brise jusqu’à ce que mes bras calment tous ces pleurs et sèchent ces grosses larmes.

Dans ces moments-là, je dis toujours : « Ah vous avez entendu là ?? Elle a dit « maman » ! ». Tout le monde se moque. Mais si, bien sûr que si, mon bébé a dit MAMAN.

Parce que c’est bien de là, de ces petits « ma-ma-ma » si caractéristiques du bébé, que vient la racine même du St Graal de toute oreille maternelle. La racine « MA« , qui a eu plein de petits dans d’autres langues. Ne citons que les principaux, en français : mammifère, mamelle, ou encore mamour (oui, vous savez, « se faire des mamours » :D).

Souvent, quand j’étais petite, je demandais toujours : « Maman, d’où ça vient ce mot ? ». Voilà, pas pour rien que je suis devenue orthophoniste. Et que je vous colle un petit cours d’étymologie pour démarrer cette rubrique !